Bonne nouvelle: l'autoroute vers Ndiass avance bien

Quand il y a une bonne nouvelle, il faut aussi la donner. Il semble que dans ce projet d'autoroute à péage entre la Patte d'Oie et Diamniadio, tout le monde est content: la société Eiffage qui réalise les travaux, le Président Wade qui est content d'Eiffage, le maire de Rufisque qui verra disparaitre ses embouteillages de plus en plus monstrueux, sans oublier les 1.435 jeunes des banlieues employés par Eiffage. Livraison en 2014.

Pour l'aéroport de Ndiass, l'inauguration est prévue pour la fin de cette année, mais...


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Une autoroute à péage pour désengorger Dakar 

Source : linternationalmagazine.com

Les travaux pour la construction de l’autoroute à péage entre Dakar et le futur Nouvel Aéroport International Blaise Diagne battent leur plein. Malgré les réticences initiales de payer un péage, une première en Afrique, les retombées escomptées par le gouvernement sénégalais ont eu gain de cause. Un projet intégré dont l’initiative a été saluée par les bailleurs de fonds car il doit permettre à l’horizon 2014 de redessiner le paysage urbain de la région de Dakar et désenclaver la péninsule du Cap Vert.


« Eiffage va nous construire une autoroute comme en France ! ». Ragaillardi par le ballet incessant des pelles mécaniques à l’entrée de Rufisque, le président Abdoulaye Wade n’a pas tari d’éloges lors du lancement, le 12 février dernier, des travaux du deuxième tronçon de l’autoroute Dakar-Diamniado. La liaison autoroutière dont il a rêvé pour désengorger Dakar et rendre la circulation fluide jusqu’à la zone économique spéciale intégrée de Diamniado et le Nouvel Aéroport International Blaise Diagne est en train de devenir une réalité.

Véritable goulot d’étranglement et seul accès à la Péninsule du Cap Vert, la ville de Rufisque souffre depuis plus d’une décennie d’embouteillages grandissants. Ceux-ci paralysent le trafic routier, notamment les camions qui approvisionnent la capitale, rallongeant considérablement les déplacements vers l’arrière pays et les pays voisins. Bien que dans l’opposition, le maire de Rufisque, Badara Mamaya Sène, n’a pas hésité à accueillir le président Wade avec tous les honneurs. L’autoroute à péage, a-t-il clamé, est indispensable pour « fluidifier le trafic dans notre ville et accélérer la mobilité des populations ».

D’autant qu’un millier d’emplois sont en jeu, à l’instar des 1.435 postes déjà attribués aux jeunes de la banlieue de Dakar par le concessionnaire Eiffage, anciennement Fougerolles. Présent au Sénégal depuis 84 ans, le groupe a obtenu une licence d’exploitation de 30 ans sur l’ensemble du réseau autoroutier en échange d’investissements privés.

Trente minutes pour relier Dakar à l’Aéroport Blaise Diagne

Orchestré par l’APIX, l’Agence nationale pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux, ce projet d’un coût global de 351 milliards de francs CFA (535 millions d’euros) est une première en Afrique. Entièrement financée par l’Etat, la première phase a déjà permis la construction de deux tronçons d’autoroute d’environ 12 kilomètres. Ouvert à la circulation en août 2009, le tronçon Patte d’Oie-Pikine sera payant à partir de 2011.

Situés entre Diamniado et Keur Massar, en pleine cambrousse, et Keur Massar et Pikine, une zone urbaine très peuplée, les deux autres tronçons d’environ 30 kilomètres devraient être achevés fin 2013. Leur connexion mettra Dakar à trente minutes du futur aéroport au lieu de trois heures actuellement. « L’APIX a un énorme travail d’information et de sensibilisation à faire pour convaincre le plus grand nombre d’automobilistes des avantages -en gain de temps, de consommation, d’usure mécanique et de sécurité - qu’ils auront à emprunter l’autoroute à péage. A condition que les tarifs ne soient pas prohibitifs car seuls quelques privilégiés pourraient alors en profiter », s’inquiète un Rufisquois.

Au départ, la perspective de faire payer les usagers a soulevé un tollé, mais les bénéfices substantiels, directs et indirects, qui résulteront de l’installation des équipements de péage ont fini par convaincre. « En Europe, pour être rentable une autoroute doit avoir un niveau de trafic compris entre 10.000 et 12.000 véhicules par jour. Cette fourchette sera atteinte dès la première année d’exploitation », prédit le patron d’Eiffage au Sénégal, Gérard Sénac.

Co financé par l’Agence française de développent (Afd), la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale dans le cadre d’un partenariat public privé (PPP), la deuxième phase du projet prévoit, en plus de la construction d’échangeurs, le relogement des populations déplacées, des aménagements dans la ville de Pikine, la revalorisation de la forêt de Mbao et la fermeture du dépotoir de Mbeubeuss. « Nous avons accepté de financer une partie des travaux parce que le gouvernement a su prendre en compte toutes les composantes. A terme, nous devrions assister à un réaménagement complet du paysage urbain sénégalais », explique Mathieu Vasseur, chargé du programme à l’Afd.

Trente mille personnes déplacées

Même satisfecit du côté de la Banque mondiale dont les décaissements seront également soumis à de strictes conditionnalités. « Au total, près de 30.000 personnes déplacées de Pikine Irrégulier Sud (PIS), l’une des banlieues pauvres traversées par l’autoroute, seront réinstallées à Tivaouane Peulh avec des logements modernes, une garantie de propriété foncière et des infrastructures adéquates, y compris l’assainissement et le raccordement aux réseaux électriques et hydrauliques« , assure Moktar Thiam, l’ingénieur en charge du projet à la Banque mondiale. Le reste des 200.000 habitants bénéficiera, selon lui, d’un cadre de vie « urbain, autonome, dynamique et capable de générer son propre développement économique et social ».

Située à deux kilomètres de la décharge de Mbeubeuss, la zone de recasement présentait un risque pour les relogés à cause des émanations. La fermeture définitive de ce dépôt d’ordures en plein air, l’une des plus grandes sources de pollution à Dakar, « constitue une bénédiction pour l’ensemble de la région", selon la plupart des experts. Reste, maintenant, à régler l’épineuse question de l’indemnisation des populations déplacées ou spoliées. Selon la directrice l’Apix, Aminata Niane, le processus est, certes, long mais c’est parce que « tout doit se faire dans le cadre de la bonne gouvernance ».

Sur les trois mille familles expropriées, 57 % ont émis le souhait d’être relogées ce qui va supposer la construction de 2.000 logements. Le reste préfère prendre le cash et aller s’installer ailleurs.

Christine HOLZBAUER (envoyée spéciale de Linternationalmagazine.com à Rufisque)

Vidéo sur le projet d'autoroute à péage

 

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