Délestages Sénélec. La SAR lâchée par tout le monde.
Si je comprend bien cet article ci-dessous, suite aux pratiques étranges du Sénégal avec le groupe Russo-Nigérian Arcadia, et aux acrobaties financières de la SAR, la compagnie de raffinage sénégalaise qui alimente la Sénélec, tout le monde quitte le navire.
La Shell est partie il y a quelques mois en laissant des centaines de salariés en plan. Total vient de se débarasser de ses actions SAR en les revendant à Bin Laden Group. Et Bin Laden qui devait apporter 210 milliards à la SAR se contente de lui donner une caution d'emprunt. A l'origine, le groupe arabe devait acheter 34% des actions de la SAR. Tin-tin. Le drame, c'est que -parait-il- la raffinerie est à l'arrêt depuis trois semaines et qu'aucune solution ne se pointe à l'horizon. Quel gâchis ! Quelle gabegie...
Les fêtes de l'Indépendance auont-elles lieu sans sono ni lumières ?
-----------
Le blog de Babacar Touré
Bin Laden dit non au Sénégal
4 janvier 2010
Considéré comme le Messie qui avec ses 210 milliards devait sortir le pays des ténèbres et renflouer les caisses de la Sar, La Bin Ladin group vient de dire ‘‘non’’ à sa fiancée [l'état] pour Total. Au même moment la BNP PARISBAS, fatiguée de supporter les prix exorbitant auquel le Sénégal achète le brut, quitte le pool bancaire et abandonne le pays à ses ténèbres.
Après Shell qui avait, il y a quelques mois, quitté notre pays, en cessant toutes ses actions au Sénégal, c’est au tour du groupe Total-Fina-Elf d’abandonner la Sar à ses démons. L’ancien actionnaire majoritaire de la Sar s’est débarrassé de ses «encombrantes actions dans la raffinerie» au profit du fiancé de la future mariée, -la Sar.
Partie prenante aux assises de Paris, le groupe qatari qui était intéressé par les 34% que voulait lui céder le Sénégal a préféré s’approprier les 14% des parts que détenait Total dans le capital de la Sar. Cette décision, prise dans les journées du 12 au 14 janvier dernier à Paris, intervient quelques mois seulement après que le ministre de l’Energie ait déclaré devant le Parlement avoir trouvé un accord avec la Bin Ladin Group. À en croire M. Samuel Sarr le groupe qatari aurait accepté de mettre plus de 200 milliards à la disposition de la Sar. Ayant suivi les pourparlers, un observateur affirme qu’il est trop tôt pour parler d’échec mais reconnait toutefois que «la complexité du montage financier peut amener certains à penser que c’est terminé ». «Mais, poursuit-il, les négociations peuvent être reprises à tout moment». Contrairement à la demande du Sénégal qui voulait les voir mettre 210 milliards up-front, le groupe qatari a proposé à l’Etat de lui donner sa caution afin que le Sénégal puisse lever des crédits sur le marché bancaire.
La hantise des ténèbres revient
La rupture des fiançailles avec les arabes tombe au même moment où les Français de la Banque nationale de Paris, se sont retirés du pool bancaire qui accompagnait le Sénégal dans le financement des Lettres de Crédits. Selon des sources proches de la banque, «les prix d’achat du brut, par le Sénégal, est trop élevé et personne ne peut continuer à supporter cet état de fait». C’est Arcadia, un groupe russo-nigérian, qui avait été retenu par le ministère de l’Energie pour la fourniture duSénégal en brut. Et il vend le baril à Brent daté (c’est le prix de référence pour les produits pétroliers en provenance des pays anglophones) +7,5$ US, alors que partout au monde il est vendu au maximum à +4$. Comme le Sénégal n’a plus les moyens de payer ses factures cash -soit 50 millions de $-, comme l’ont exigé les traders d’Arcadia, c’est la BNP-bas qui se portait garant pour permettre au pays de disposer du carburant.
Le désistement cette banque intervient aussi dans un moment crucial : les machines de la Sar, faute de brut à traiter, sont aux arrêts depuis plus de 20 jours. Et cette situation, si elle n’est pas réglée, conduira, dans les jours à venir, à des ruptures de stocks. Cela aura comme conséquence la plongée prochaine du pays dans l’obscurité; puisque la Sénélec ne fonctionne qu’avec ces produits livrés à la Sar. C’est pour masquer cette réalité que les officiels sénégalais se sont empressés, la semaine dernière, d’annoncer l’augmentation des prix de l’électricité et des produits pétroliers, en prétextant le faire sous le dictat de la banque mondiale.
Bacary Touré
Journaliste-écrivain
kimikikiko@yahoo.fr
- Ajax's blog
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
- 861 lectures
Coincidence ???
Bizarre !! Il se passe la même chose pour la S.I.R (Société Ivoirienne de Raffinage) à Abidjan, avec aussi des délestages du réseau électrique. Bien que la Côte d'Ivoire ait en plus des barrages hydrauélectriques.
" Effondrement des marges de raffinage : La SIR ferme le 26 janvier.
samedi 9 janvier 2010 - Par Fraternité Matin
Dans moins de 20 jours, la raffinerie de la Sir va arrêter de tourner. Le contexte économique particulièrement rude du raffinage, qui affecte bien des raffineries dans le monde depuis l’année dernière, n’épargne pas la Société ivoirienne de raffinage, ainsi contrainte à cette solution dans l’espoir de re-oxygéner.
Les marges de raffinage (la différence entre la valeur des produits finis vendus sur le marché et celle du pétrole brut), on le sait, sont en déclin constant sur le marché international. Elles sont passées, indiquent les spécialistes, de 7,4 dollars par baril en 2008 à 1,2 dollar par baril en 2009. Ce phénomène imprévisible, s’avère inédit par sa durée.
La Sir, en dépit d’un train de mesures destinées à amoindrir le choc (efforts de gestion, report des investissements et des programmes d’entretien des unités, maîtrise des charges de fonctionnement...), accuse un résultat prévisionnel en déficit de 50 milliards pour 2009. Les prévisions budgétaires pour 2010 s’annoncent tout aussi sombres si les marges budgétaires ne se relèvent pas, souligne la Sir dans un communiqué de presse dont nous avons reçu copie.
Comme conséquence de ce marasme, elle n’arrive plus à assurer ses approvisionnements en brut. Les banques qui la soutenaient dans cet exercice depuis plusieurs mois se rebiffent devant la longueur de l’ardoise et s’interrogent surtout sur sa capacité à rembourser, peu confiantes désormais en la rentabilité de ce secteur au regard de la dégringolade continue des marges bénéficiaires.
N’étant plus dès lors en mesure d’assurer l’approvisionnement de l’usine en pétrole brut, la direction a donc pris cette décision douloureuse de fermer la raffinerie le 26 janvier, date à laquelle va s’épuiser son dernier stock de brut. « Toutefois, compte tenu du niveau des stocks (des produits pétroliers, Ndlr), le marché pourra être approvisionné en produits pétroliers jusqu’à fin février 2010 », rassure (?) la Sir.
Manifestement, ce n’est pas de gaieté de cœur que les dirigeants de l’entreprise en sont arrivés à cette décision. « Pour le développement du tissu industriel de notre pays et la promotion de l’emploi, le souhait commun est que la Sir, la première entreprise ivoirienne, vive. A cet effet, le soutien des autorités est une nécessité », implore le communiqué non sans rappeler que des démarches ont été entreprises auprès des autorités, notamment à travers un livre blanc.
« Conjointement avec elles et les banques, des solutions sont recherchées en vue de sauver la raffinerie ivoirienne qui, en plus d’être une unité industrielle stratégique du pays, est la source d’existence d’une centaine d’entreprises sous-traitantes nationales et, partant, de milliers de travailleurs ivoiriens», souligne le communiqué.
E. Kodjo
(Note : à ce jour, la SIR n’est pas encore fermée, mais la menace persiste)
La Côte d’Ivoire bientôt au rythme des coupures de courant
La Côte d`Ivoire, un des leaders africains de l`électricité, découvrira bientôt la vie au rythme des coupures de courant, en raison d`un déficit de production, a-t-on appris lundi auprès de la Compagnie ivoirienne d`électricité (CIE).
Réputée pour la qualité de son réseau électrique qui l`a longtemps mise à l`abri des coupures subies dans nombre de pays africains, la Côte d`Ivoire sera à son tour concernée dans les trois prochains mois, a indiqué lundi Flore Konan, directrice de la CIE, filiale du groupe français Bouygues.
« Nous enregistrons un déficit de 150 Mégawatts qui pourra nous conduire à un délestage de l`électricité », a-t-elle déclaré lors d`une rencontre avec des industriels, évoquant notamment une baisse de la pluviométrie affectant le fonctionnement des barrages hydro-électriques.
La « perturbation » à venir est due à « une avarie survenue sur un groupe important du parc de production du réseau électrique ivoirien », a expliqué Eddy Simon, directeur général de l`électricité au ministère de l`Energie.
Au-delà, le secteur connaît « une crise importante en raison d`un déficit financier », a-t-il souligné, insistant sur le besoin d` »investissements lourds ».
Selon une source proche du dossier, la CIE attend de l`Etat ivoirien -à qui appartiennent les grandes infrastructures du secteur- un très important engagement financier, sans lequel le réseau pourrait être gravement perturbé dans les prochaines années.
La CIE, chargée de la production, la distribution et la commercialisation de l`électricité ivoirienne, est devenue en 15 ans un leader africain du secteur, jusqu`à transformer le pays en exportateur d`électricité, notamment vers le Ghana et le Togo.
En 2008, ses ventes totales d`électricité ont atteint 4.312 Gigawatts, en hausse de 2% par rapport à 2007. Les ventes à l`exportation ont cependant baissé de 22% sur la même période pour se situer à 599 Gw, selon la direction.
Source AFP "