La presse sénégalaise a, dans sa quasi-totalité, descendu en flèche vendredi le discours prononcé la veille à Dakar par le président Abdoulaye Wade au cours duquel il a proposé une présidentielle anticipée et maintenu sa candidature à un nouveau mandat.
"Wade sert une comédie électorale", "Wade, le show et l'effroi", "Wade rate sa sortie", "Wade refuse de changer", "Fausses solutions pour vrais problèmes", tels sont les titres de Une des grands quotidiens privés. Seul Le Soleil, journal pro-gouvernemental, se montre plus mesuré.
L'Observateur fait parler des analystes politiques qui estiment que le discours d'Abdoulaye Wade est celui "d'un chef de guerre" et que comme le président ivoirien déchu Laurent Gbagbo, son slogan c'est: "je gagne ou je gagne".
Ces journaux relèvent que pour son premier discours depuis les émeutes du 23 et du 27 juin à Dakar, le chef de l'Etat a choisi de s'exprimer devant son gouvernement et des élus et personnalités acquis à sa cause, dont une vingtaine ont chanté ses louanges pendant plus de 5 heures avant qu'il ne s'exprime.
L'éditorial du Matin note que le chef de l'Etat "se voit encore dans la peau d'un homme adulé par son peuple. Il ne semble pas avoir perçu les messages cryptés de cette masse de Sénégalais qui en ont ras-le-bol". "Comme de nombreux pouvoirs africains", son régime "entretient une caste de courtisans qui se plaisent dans la pensée unique et l'immortelle servilité", ajoute-t-il.
L'éditorialiste de Sud, écrit "qu'en assénant (...) qu'il va gagner dans tous les cas de figure et en invitant même à une élection anticipée dans les 4O jours tout au plus alors que les opérations du processus électoral n'ont pas encore démarré", Wade "fait montre d'une désinvolture qui agresse ses concitoyens".
Si "l'opposition est pressée et certaine" de l'emporter, "je peux envisager une élection présidentielle anticipée, si cela est nécessaire pour la cohésion sociale et la concorde nationale", a déclaré le chef de l'Etat.
Il a également réaffirmé sa candidature au scrutin présidentiel, anticipé ou à la date prévue du 26 février 2012.
Abdoulaye Wade, 85 ans, a été élu une première fois en 2000 et avait été réélu en 2007 pour un mandat de cinq ans.
Une coalition regroupant des partis d'opposition et des organisations de la société civile, exige du président Wade qu'il ne se représente pas.
