Fesman. Les oeuvres prêtées prises en otage par la douane
Les plasticiens exposés cet hiver à Dakar attendent toujours le retour de leurs oeuvres :
silence radio du côté de l'État sénégalais.
Yinka Shonibaré exposait à la Biscuiterie de Médina de Dakar au Festival mondial des arts nègres fin 2010. © Antoine Tempé
Dakar, hiver 2010, Festival mondial des arts nègres (Fesman). L'ancienne Biscuiterie de Médina accueille une formidable exposition d'artistes contemporains africains, venus des quatre coins du monde. Dans le mémorable chaos d'un événement plusieurs fois retardé et finalement programmé in extremis par le président Wade qui en confie la direction à sa fille, les visiteurs ont connu de belles surprises. Mais à la fin des festivités, les exposants sont confrontés, eux, à une situation moins joyeuse : en effet, quatre mois après la fin du festival et déjà deux mois après la date prévue du retour de leurs oeuvres au 28 février, ils ne les ont toujours pas récupérées, car elles sont bloquées sous douane à Dakar dans les entrepôts du transitaire sénégalais.
L'artiste William Wilson, dont les tentures retracent l'histoire de l'Océan noir, exprime ses inquiétudes : "Mon travail entrait tout particulièrement dans le thème du festival et je connais bien la commissaire Florence Alexis. J'ai donc accepté tout en étant au courant des conditions de lancement et conscient des risques encourus. Je n'aurais jamais laissé une pièce unique ! J'ai la chance d'en avoir plusieurs de ce travail, pour autant, j'ai besoin de les récupérer, car l'exposition tourne partout." Autre cas : cette réaction de la Fondation Sindika Dokolo (Angola). Elle a notamment prêté une oeuvre du Britannique Yinka Shonibare qui n'a pas davantage été retournée et au sujet de laquelle elle ne reçoit aucune information. "Cette exposition, au final, était vraiment de qualité, mais tout le reste fut une catastrophe de bout en bout", souligne William Wilson, qui correspond avec d'autres artistes sur cette mésaventure. En face d'eux, les commissaires de cette exposition se désolent d'être maintenus dans l'impuissance par ceux qui doivent gérer une situation presque d'impasse ? C'est l'une des démonstrations, parmi toutes les dépenses faramineuses de tous côtés, des difficultés de l'État sénégalais à faire face à ses dettes, surtout depuis que le FMI a invalidé le plan de remboursement prioritaire du président Wade pour ses créanciers dudit Fesman.
"Nous payons aujourd'hui les pots cassés d'un festival qui aurait dû se tenir après le bouclage de ces conditions de financement, dit Florence Alexis, qui partage cette situation avec les autres co-commissaires Dominique Fontaine et François Kiéné. Les oeuvres ont été parfaitement emballées par nos soins personnels, puis hermétiquement scellées sous nos yeux au terme de nos contrats de commissaires. Depuis, elles attendent sous douane le bon vouloir des autorités. Il semble qu'il n'y ait pas d'argent pour payer les transits et les transports.... Nous n'obtenons plus aucune réponse de Dakar et de sa délégation générale malgré nos demandes persistantes depuis des mois..."
Même situation pour le désigner malien Cheick Diallo, exposé à Dakar dans la même Biscuiterie de Médina par le commissaire François Kiéné chargé du design. Il vit la plupart du temps en Normandie où il attend encore ses chaises... Afin d'honorer une exposition dans laquelle il s'était engagé, il a réussi à payer le dédouanement, au prix fort ! Le créateur a l'habitude des problèmes rencontrés en Afrique par les artistes eux-mêmes : "Ça nous tue", mais il s'insurge dans le cas spécifique du festival contre le manque de communication. Peu à peu, les artistes se renseignent individuellement pour faire établir un devis auprès du transporteur français, ce qui semble la seule solution pour ceux qui en auront les moyens : "On a l'impression que le Fesman est une pièce vide ; tout le monde est parti, tout le monde s'en fout, et nous, artistes, sommes pris en otage", conclut Wilson...
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- Paris | 25/09/2009 Concert Boubou Diabaté

C'est lamentable !
C'est lamentable ! Je découvre que ça n'est toujours pas réglé. Une honte.
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Sénégal : quand le Fesman prend en otage ses oeuvres d'art
La société qui a transporté 450 oeuvres exposées au Festival mondial des arts nègres (Fesman) de Dakar en 2010 n'a toujours pas été payée par le Sénégal. Du coup, elle refuse de restituer leurs biens aux artistes. Une situation qui compromet la réputation du pays d'Abdoulaye Wade et pourrait même provoquer une campagne de boycott de la prochaine Biennale d'art de Dakar.
«On nous a demandé de récupérer 300 œuvres dans 35 pays différents et de les acheminer au Sénégal à Dakar dans le délai ultra court d’un mois. Une mission impossible que nous avons pu faire parce que nous y avons mis le prix. En janvier, au moment de nous payer, on nous a demandé de réduire le montant de la facture, ce que nous avons fait. Puis, les organisateurs ont coupé tout contact. Nous avons alors fait le choix de garder les œuvres jusqu’à ce que notre facture de 670 000 euros soit réglée ; somme à laquelle il faut ajouter maintenant 39 000 euros de frais de stockage en douane, » explique Jean-Bernard Pret, chef de service Foire internationale à LP art.
Artistes piégés
Une « prise d’otage » artistique qui se déroule dans l'indifférence des organisateurs du Fesman. « La commissaire de l’exposition Florence Alexis, qui a été l’interface entre nous et l'État du Sénégal ne réagit plus aux mails depuis bien longtemps déjà », se désole l’artiste ivoirien Ernest Duku, dont cinq des œuvres sont concernées. « Nous avons essayé de joindre Aziz Sow, le délégué général du festival ainsi que son adjointe, Sindiely Wade, en vain. Celle-ci avait promis d'envoyer une lettre aux artistes pour s'expliquer... nous l'attendons toujours ! », s’exclame de son côté le Franco-Béninois William Wilson.
En fait, après la clôture de l'exposition, c’est un festival de dettes qui a débuté au Sénégal. Le Fesman avait un budget estimatif de 48 621 597 010 FCFA. Mais l'événement a enregistré un déficit global de 22 911 097 120 FCFA (environ 35 000 000 d’euros), selon le journal sénégalais Le Quotidien, qui a eu accès aux documents comptables. La dette du Fesman a même dû faire l’objet, en juin 2011, d’une « loi de finances rectificative » du budget annuel de l'État. Et en attendant, les artistes trinquent : annulation de participation à des expositions et résiliations de promesses d’achat se multiplient.
"L'État fuit ses responsabilités"
Le transporteur a bien envoyé un devis individuel à chaque artiste, pour un montant variant de 1 000 à 15 000 euros. « Des sommes astronomiques », se lamente William Wilson. « Nous avons alerté toutes les représentations diplomatiques des pays concernés, et un maximum de personnalités du monde de l'art pour nous aider à faire pression sur le Sénégal, jusque-là sans succès. Quant à une action devant les tribunaux, nos avocats nous disent que nous sommes sûr de gagner, mais que nous n'aurons aucun moyen de faire appliquer le jugement face à un État qui fuit ses responsabilités. »
Espérons que l’épisode malheureux du Fesman n’ait un effet collatéral sur l'unique biennale africaine d’art contemporain que le Sénégal organise depuis 1992. « Le boycott de la Biennale de Dakar, évoqué ici et là, risque de se mettre sérieusement en place », craint Ernest Duku. Une menace qui, pour l'heure, ne préoccupe pas les organisateurs de l'exposition.
« Les artistes nous font confiance depuis neuf éditions et savent que notre organisation est différente de celle du Fesman », explique Ousseynou Wade, secrétaire général de la Biennale de Dakar. En 2010, le Fesman en était à sa troisième édition, après celles de 1966 et de 1977. Il faudra sans doute attendre longtemps avant la prochaine...
Jeuneafrique.com
Festival des Arts Nègres toujours impayé
DETTES IMPAYEES PAR L’ORGANISATION DU FESMAN Vers une révolte internationale
La société chargée du transport confisque 450 œuvres du festival
La commissaire de l’exposition ferme sa page aux mails
C’est la révolte totale chez les artistes et autres créanciers du festival mondial des arts nègres qui s’est tenu à Dakar. Ces derniers ne peuvent plus attendre. L’hôtel qui avait livré 150 chambres aux organisateurs, réclame ses 125 millions, tout comme la société qui avait transporté les œuvres jusqu’à Dakar, pour rentrer dans ses 43 milliards, a confisqué des œuvres d’arts.
125 millions à un groupe d’Hôtel
Le Festival mondial des arts nègres (Fesman) qui s'est déroulé du 10 au 31 décembre 2010 à Dakar, continue de faire parler de lui. Pas pour sa réussite artistique mais, pour sa gestion contestée. Ils sont nombreux, les acteurs, qui réclament encore leur sous. C’est une ardoise de plusieurs milliards que les organisateurs du Fesman doivent aux artistes, aux hôtelleries pour ne citer que ceux-là. Et l’on s’achemine, tout simplement, vers une révolte internationale des créanciers, contre l’Etat du Sénégal. Dans la capitale sénégalaise, à Dakar, on compte encore les ardoises du comité de coordination, dirigé à l'époque par la fille du président Abdoulaye Wade, Sindiély, et dont l’organisation était sous la direction d’Abdoul Aziz Sow. C’est à eux que les différents créanciers réclament plusieurs milliards de francs Cfa. A titre d'exemple, un groupe hôtelier attend toujours le règlement d'une centaine de chambres réservées, au dernier moment. Montant de la facture : 125 millions de FCFA. Cet hôtel court depuis, derrière cet argent qui devrait relancer ses activités.
450 œuvres du festival confisquées
Ce ne sont pas seulement les hôtels qui réclament leur sous aux organisateurs du Festival. La société qui a transporté 450 œuvres exposées au Festival mondial des arts nègres (Fesman) de Dakar, en 2010, n'a toujours pas été payée par le Sénégal. Pour marquer le coup, elle a, tout bonnement, refusé de restituer leurs biens aux artistes. Une situation qui compromet la tenue de la prochaine Biennale d'art de Dakar et qui prend en otage les 117 artistes plasticiens qui y ont participé, car, la société LP art, chargée par les organisateurs de transporter les œuvres, refuse, avec intransigeance, de restituer les œuvres, tant que les organisateurs du Festival n'auront pas payé la facture. « On nous a demandé de récupérer 300 œuvres dans 35 pays différents et de les acheminer au Sénégal, à Dakar, dans le délai ultra court d’un mois. Une mission difficile que nous avons pu réussir, parce que nous y avons mis le prix. En janvier, au moment de nous payer, on nous a demandé de réduire le montant de la facture, ce que nous avons fait. Puis, les organisateurs ont coupé tout contact. Nous avons, alors, fait le choix de garder les œuvres, jusqu’à ce que notre facture de 670 000 euros soit réglée; somme à laquelle, il faut ajouter, maintenant, 39 000 euros, de frais de stockage en douane », explique Jean-Bernard Pret, chef de service Foire internationale à LP art dans jeune Afrique. « La commissaire de l’exposition Florence Alexis, qui a été l’interface entre nous et l'État du Sénégal, ne réagit plus aux mails depuis bien longtemps déjà », se désole l’artiste ivoirien, Ernest Duku, dont cinq des œuvres sont concernées. « Nous avons essayé de joindre Aziz Sow, le délégué général du festival, ainsi que son adjointe, Sindiely Wade, en vain. Celle-ci avait promis d'envoyer une lettre aux artistes pour s'expliquer... nous l'attendons toujours », s’exclame, de son côté, le Franco-Béninois William Wilson.
Sambou BIAGUI
http://www.rewmi.com