Homosexualité. Une dépénalisation discrète • [Démenti]

Sans tambour ni trompette, le Sénégal a adhéré à la Déclaration de Genève dépénalisant l'homosexualité, ce qui est courageux. Aussi courageux qu'en France il y a quelques décennies lorsque l'IVG (sigle pudique pour cacher le mot avortement) a été autorisée ou lorsque la peine de mort a été abolie. Car ces décisions vont dans le sens contraire de l'opinion publique. Au Sénégal, la population est très crispée sur ces problèmes de sexualité, figée qu'elle est dans l'intégrisme musulman. Les contributions anti-signature sont violentes et les réactions lues dans les commentaires de seneweb sont très partagées. Dans l'article qui suit, cette déclaration est qualifiée "d'abjecte".
Pour une fois, on ne peut dire qu'une chose concernant cette décision gouvernementale : chapeau. Surtout si le Sénégal maintient sa signature contre vents et marées.
[A cette heure, on attend toujours un démenti (officiel) du gouvernement. Il est vrai que nous ne sommes pas loin du premier Avril ! ]
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Dépénalisation universelle de l'homosexualité : le Sénégal signe la Déclaration de Genève
Dans la journée d’hier, une déclaration-dont l’Office détient copie- a été présentée aux Conseil des Droits de l’Homme, à Genève. Elle portait sur l’orientation sexuelle et l’identité du genre. Plus de 80 pays, de tous les continents, y compris l’Afrique -dont, contre toute attente, le Sénégal- ont signé la déclaration. Décryptage.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, le Sénégal, pays laïc à majorité musulmane, figure parmi les signataires de cette abjecte déclaration qui risque de soulever l’ire des religieux entre autres mouvements conservateurs tels que l’Ong "Jamra". Et pour cause : des Sénégalais sont au nombre des militants actifs pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité. Le texte, dont nous obtenons copie, a été présenté hier à Genève et s’intitule : "Joint Statement on ending of violence and related human rights violations based on sexual orientation and gender identity". Littéralement traduit, cela porte sur l’orientation sexuelle et l’identité du genre. A y voir de près, c’est une déclaration "symboliquement forte", plaidera un des leurs, mais elle n’en demeure pas moins contraignante, notamment sous nos latitudes. Du coup, l’enjeu est de passer de la "déclaration" à la "résolution". Certes, les résolutions ne sont pas toujours respectées, on le sait bien, mais une résolution aurait un impact fort sur certains pays comme l’Inde, ou le Liban, qui pénalisent l’homosexualité, mais où existe déjà un mouvement significatif en faveur de la dépénalisation.
La loi et les religions pratiqués au Sénégal condamnent l’homosexualité…
Cependant, au Sénégal, la pratique homosexuelle est condamnée par la loi, notamment l’article 3.913 du code pénal. "Les actes sont punissables d’un emprisonnement d’un à cinq ans d’emprisonnement ferme et d’une amende de 100.000 à 1 million de FCFA", renseigne un éminent juriste, sous le couvert de l’anonymat. Lequel, interpellé sur la question, se désole toutefois que les homosexuels s’affichent de plus en plus, en dépit du fait que la religion musulmane comme chrétienne ont proscrit cette pratique on ne peut plus malsaine. En outre, pour en revenir à la déclaration de Genève, Jean-Paul II et Benoît XVI, très critiques à l’égard de telles pratiques, ont souvent affirmé que ces concepts étaient flous, et peu adaptés à la réalité de la nature humaine. Et ne voilà-t-il pas que, depuis quelques jours, l’Afrique du Sud, peut-être inspirée par une récente résolution de l’Union africaine, fait circuler un brouillon de résolution pour proposer que les Nations Unies travaillent à clarifier les concepts dans ce domaine. Un nouveau débat va-t-il être lancé ? Serait-ce un progrès, ou une régression.
Pénalisation et Discrimination ?
Les deux mots sont évoqués par la déclaration. Or, il y a de nombreux Etats qui considèrent qu’on ne doit pas pénaliser les homosexuels et les transsexuels, mais qu’on peut (ou qu’on doit) les discriminer. C’est notamment la position du Vatican, qui estime en outre qu’un texte en faveur de la non-discrimination risque de favoriser la reconnaissance du mariage homosexuel et des familles homoparentales. Lutter contre la "pénalisation", passe encore. Mais lutter contre la discrimination dont seraient victimes homos et transsexuels, c’est aller trop loin aux yeux de nombreux Etats. S’agissant de cette campagne, on apprend dans la déclaration que plus de 80 pays ont signé la déclaration, présentée à Genève. Des pays de tous les continents, y compris d’Afrique dont le Sénégal. Ce qui est une grande première, l’Afrique étant - au premier chef le "pays de la téranga"- avec le Moyen Orient, la région du monde où se situent la plupart des pays qui pénalisent l’homosexualité. Ce chiffre est un net progrès par rapport à la dernière déclaration présentée à New York, en 2008, qui avait été signée par 68 pays, ce qui était déjà un net progrès par rapport aux 54 pays qui avaient signé la déclaration norvégienne en 2006. L’on apprend, de ce fait, que plus de 80 pays pénalisent l’homosexualité dans le monde. En d’autres termes, sur les 192 Etats que comptent les Nations Unies, il y en a 80 qui pénalisent l’homosexualité, à peu près autant qui estiment qu’on ne doit pas pénaliser l’homosexualité, et une trentaine qui ne pénalisent pas l’homosexualité, mais qui estiment que leurs voisins ont le droit de le faire, si ça leur chante. C’est le cas de la Chine, par exemple, qui n’a guère envie de dire aux autres ce qu’il faut faire des homosexuels, de peur qu’on ne vienne lui dire en retour ce qu’elle doit faire chez elle, en matière de droits humains. Evidemment, si l’on faisait demain une résolution, certaines signatures feraient certainement défaut, car les résolutions obligent plus que les déclarations. De la matière pour les ONG comme "Jamra" !
Pape Ibou Faye
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L'homosexualité, une maladie contagieuse !
Dans une contribution virulente sur Seneweb, Tafsir Ndické DIEYE pense que l'homosexualité dépénalisée risque de contaminer la jeunesse et de proliférer comme une maladie contagieuse. Les idées reçues ont la vie dure... Extrait :
"Ce que nous disons est très simple : tant que les homosexuels géreront en privée leur vie sexuelle sans tenter d’influencer nos communautés surtout notre jeunesse, libre à eux de s’envoyer en l’air mais nous ne voulons pas d’une prolifération de l’homosexualité chez nous qui conduirait au coming out, « sortie du placard », des Bertrand Delanoë, Klaus Wowereit version sénégalaise ou à la création de quartiers et de bars Gays comme le Marais de Paris ou le Castro de San Francisco. Notre pays est composé de musulmans et de chrétiens pour l’essentiel ; aucune de ces deux religions n’accepte la promotion de relation sexuelle contre nature et contre l’évolution de la procréation et des valeurs traditionnelles de la famille. Dépénaliser l’homosexualité au Sénégal est une insulte monumentale au peuple !"
Dépénalisation : poisson d'avril ?
Que s'est-il passé ?
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BITMREW.NET
"Il n’a jamais été question pour l’Etat du Sénégal de dépénaliser l’homosexualité. D’ailleurs le Sénégal fait partie des rares pays africains membres de l’OCI à avoir refusé de ratifier la Résolution. Ceci a été confirmé par le Ministre délégué auprès du Ministre de la Justice chargé des droits humains, Mme Coumba Gaye. Interrogée par la RFM, la Ministre a catégoriquement démenti cette rumeur.
Rappelons que le Sénégal a toujours opté contre la dépénalisation. Les ONG comme «Jamra » ont toujours sensibilisé les chefs religieux et l’Etat du Sénégal sur la question. Aujourd’hui plus qu’hier, le Sénégal s’oppose à la dépénalisation de l’homosexualité. Un communiqué du Gouvernement sur la question pourrait être rendu public avant la fin de la journée*."
* Toujours pas de démenti...
Ryad. L'islam à deux vitesses
Extrait de l'article : "Les autorités saoudiennes souhaitent que l’homosexualité du prince soit tenue secrète à son procès pour éviter l’embarras dans le royaume."
Hé oui ! Jean de La Fontaine avait raison : "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir". Une belle mise en évidence de l'hypocrisie de ceux qui se réclament de la loi islamique.
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ferloo.com - vendredi, 1er avril 2011
/ AbdourahmaneFerloo.com