Kadhafi. Un martyr victime des occidentaux !

Kadhafi blessé, entre les mains des rebellesLa libération de la Libye par les forces rebelles n'est pas du tout perçue de la même manière en Occident et en Afrique. Quelques imams et personnalités politiques sénégalais donnent le ton. Ce sont les occidentaux qui ont tout manigancé pour recommencer la colonisation et s'approprier les richesses de la Libye. Ce sont eux qui ont tué ce martyr. Lisez l'interview ci-dessous.
Naviguant sur Facebook, j'ai été frappé par le soutien des jeunes sénégalais pour Kadhafi en tout ignorance de la réalité des crimes de ce dictateur. C'est encore une fois l'occasion pour beaucoup de déclarer leur haine de l'Occident et de la France. Une phrase au hasard: "Peut-être que Kadafhi était un tyran, mais pas pire que Bush ou Sarkozy". Les Sénégalais ne nous aiment pas. Cela ressurgit derrière les masques dans des occasions comme celle-ci. Ou quand on refuse de rentrer dans une boutique d'artisanat...
 
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« La mort de Khadafi signifie le début de la recolonisation »

NETTALI.NET - Ahmed Khalifa Niasse, le leader du Front pour les alliances patriotiques considère l’ancien guide libyen, Khadafi assassiné hier comme un martyr. Il ne pouvait avoir une autre attitude tant ses liens avec l’ancien dictateur de Tripoli étaient forts. Pour Ahmed Khalifa Niasse, la mort de Khadafi signifie le début de la recolonisation.

Quel commentaire faites-vous de la mort de khadafi ?

Khadafi est mort les armes à la main à la suite d’un raid aérien des Français, des Anglais et des Italiens, c’est-à-dire les trois pays qui avaient colonisé la Libye. Nous pouvons dire que c’est un retour de la colonisation en Afrique. La Libye est le premier pays à être colonisé. Quel pays sera le deuxième ? C’est une question de temps, mais j’ai le sentiment que l’occident a décidé de recoloniser l’Afrique.

Personnellement comment vous vous sentez ?

Je suis très fier d’un ami qui a quitté ce bas monde, ses armes à la main sur la terre où il est né. Il n’a pas fui. Il n’a pas abdiqué et n’a demandé l’asile nulle part. Il est resté digne jusqu’au dernier moment.

C’est un acte de courage ?

Il a fait preuve d’un courage. Khadafi a été parce que les néocolonisateurs ont dit à ceux qui sont devenus ses détracteurs que Khadafi dilapidait les biens de la Libye en Afrique. Ils ont dit que Khadafi s’habillait en Africain. Ils disent qu’il est d’origine africaine son vrai nom de famille c’est Deme. Il est le petit-fils de Kadaf Deme qui était un pèlerin qui venait du Fouta Toro.

Etes-vous triste ?

C’est un jour de fierté. Khadafi est mort, mais ses idées vont germer. Je vous donne deux symboles, le symbole de Khadafi à New York en train de déchirer la charte de Francisco près du Wall Street. C’est arrivé au moment où le mouvement Wall Street est suivi dans 450 villes de l’occident. C’est un mouvement qui lutte contre le capitalisme sauvage. Il y avait déjà un lien entre Khadafi et le mouvement naissant. L’occident a peur de cela. L’occident qui bombarde les Libyens a des problèmes avec ses propres citoyens. La valeur de la monnaie tombe. Les gens attaquent les banques. Il y a presque partout des contestations. Khadafi a voulu que l’Afrique soit un géant politique et économique. Il a voulu accélérer les choses pour que l’Afrique s’affranchisse de l’esclavagisme néocolonial. Je l’ai vu à Accra pleurer quand il est sorti de la réunion avec les chefs d’Etat. Je lui ai dit comment un homme aussi solide que toi pleure, il m’a répondu : je pleure, parce que mes collègues chefs d’Etat africains ne sont pas conscients que c’est aujourd’hui ou jamais. Nous savons que l’Afrique du nord tourne le dos à l’Afrique. Déjà, la nouvelle Libye est train de tourner le dos à l’Afrique. Il y a des grands responsables qui ont dit que Khadafi n’est pas digne d’être enterré en Libye. On n’a qu’à l’envoyer en Afrique pour qu’il y soit enterré. Ils disent que les combattants de Khadafi priaient en se tournant vers l’Afrique noire. Ils avaient un cri de guerre qui était emprunté aux langues africaines.

Comment analysez-vous le fait qu’il n’ait pas pu bénéficier du soutien des Chefs d’Etat africains ?

En Afrique, il n y a pas un seul chef d’Etat à l’exception d’Abdoulaye Wade qui a écrit une ligne pour l’Union africaine ou qui a fait un seul déplacement l’unité africaine. Aujourd’hui, Wade est seul dans ce combat.

Wade n’a pas soutenu Khadafi…

Le soutien de Wade tout seul n’avait pas de sens. Wade savait que le tribunal secret de l’occident avait condamné Khadafi et qu’il ne restait que l’exécution.

Khadafi vous aurait demandé de commander une rébellion au Sénégal ?

Il ne m’avait pas envoyé pour tenir un rébellion. J’avais appelé à ce qu’on change le Sénégal du régime senghorien qui était une continuation de la colonisation. J’avais appelé pour libérer le Sénégal du régime de Senghor. J’étais réfugié en Libye. Les groupes qui me rejoignaient en Libye étaient entraînés comme des éléments des armées de libération.

Que sont devenus ces groupes ?

Ils sont rentrés. Il y a un accord tacite avec l’Etat du Sénégal depuis plus de 30 ans qui a permis à ces gens de rentrer.

Que faut-il retenir de Khadafi ? Ses idées. Gouverner autrement. La démocratie telle qu’elle est construite actuellement, c’est la transformation des ethnies en partis politiques. Nous avons vu ce que cela a donné au kenya, au Libéria, en Côte d’Ivoire. Est-ce que cela est la voie ? Je suis sûr que les Africains vont regretter Khadafi

 

Propos recueillis par Samba NDIAYE

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