Le Plan Takkal va beaucoup retarder les autoroutes et l'aéroport
Oui, on peut dire que c'est une décision de bon sens. Des dizaines de millards ont été puisés dans les crédits prévus pour réaliser les autoroutes afin de mettre en œuvre le Plan Takkal qui doit moderniser le secteur de l'énergie électrique au Sénégal.
La réalisation de l'AIBD est conditionnée par celle des autoroutes et il sera donc retardé. On parle de 2014/2015, mais ici, c'est Sénégal. Il s'agit de fournir d'abord du courant à tous les Sénégalais plutôt que d'offrir un bel aéroport à quelques privilégiés. Un juste retour des vraies priorités.
Ce Plan est géré par Karim Wade surnommé Monsieur 15%. Espérons que cet argent frais soit réellement employé pour cet usage et bien employé.
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L'aéroport international Blaise Diagne renvoyé… aux calendes grecques
Mon Jun 20 - 16:06:43 2011
C'est la version caricaturée mais non moins réaliste de l'adoption par les parlementaires, du projet de loi n°12/2011 relatif à la première Loi de finances rectificative (Lfr) pour l'année 2011, autorisant l'argentier de l'Etat de revoir à la hausse le budget que le gouvernement doit consacrer au secteur de l'énergie. Un projet de loi qui avait, entre autres, pour but de mobiliser des ressources pour la mise en œuvre, dans sa première année, du plan d'urgence pour le secteur de l'électricité dénommé « Plan Takkal ».
Pour une mobilisation de ressources, le gouvernement et sa majorité parlementaire qui a donné son blanc-seing, n'y sont pas allés avec les doigts. 62,5 milliards de FCfa vont ainsi être ponctionnés sur les 92,5 milliards de FCfa qui ont été prévus à la fois pour financer l'autoroute à péage de Diamniadio-Aibd, mais aussi le tronçon Aibd-Mbour et de celui de Aibd à Thiès, pour renforcer « Takkal ».
Autant dire que la livraison de l'Aibd, initialement prévue pour 2010 avant que l'échéance n'ait été portée à 2011 puis 2012, a de fortes chances de ne pas intervenir avant 2014, si l'on se réfère à un cadre expatrié du groupement Studi International-Sofreavia-Saci, sélectionné pour assurer la mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage, interpellé sur la question dans les colonnes de l'hebdomadaire Jeune Afrique (édition avril 2011), qui émettait d'ailleurs cette réserve : « si rien ne vient retarder sa réalisation… » Comme on le constate, c'était avant l'avènement de la nouvelle donne qui, forcément, viendra retarder ainsi la poursuite de la réalisation de l'autoroute à péage qui devra mener à l'Aibd. L'aéroport LSS qui attend l'ouverture de l'Aibd pour muer en une grande « Cité des affaires », semble ainsi avoir encore de beaux jours devant lui.
Notons que l'Etat du Sénégal a récemment (au mois de mai dernier) récolté sur le marché financier international, un pactole de 230 milliards de FCfa (500 millions de dollars) à travers le lancement d'un emprunt obligataire. Des fonds destinés « aux secteurs porteurs de croissance » tels que l'Energie et les Infrastructures, notamment l'autoroute à péages. Rappelons également que pour autofinancer partiellement le projet, l'État a mis en place une nouvelle taxe, la Redevance de développement des infra¬structures aéroportuaires (RDIA), qu'il perçoit depuis le 1er avril 2005.
A leur bon souvenir
D'un coût global de 350 millions d'euros (près de 300 milliards de FCfa), l'Aibd a pour concepteur et constructeur le Groupe Saudi Bin Ladin, celui-là même qui préside aux destinées de la Société africaine de raffinage(Sar) depuis qu'elle contrôle son capital à 34%. En revanche, c'est l'entreprise allemande Fraport AG qui a la charge de la gestion de l'Aibd.
Or, sans « autoroute à péage », pas d'Aibd. Ce projet d'autoroute à péage cher à Wade qui en avait une priorité et qui avait été présenté comme le plus grand défi de son second mandat, visait les objectifs d'assurer un déplacement rapide des personnes et des marchandises vers et depuis Dakar en améliorant la mobilité dans l'agglomération ; de connecter le centre-ville, le futur aéroport de Diass et la future Cité des affaires (prévue sur le site de l'aéroport actuel) ; servir de fer de lance à la mise en œuvre d'une politique de développement urbain à l'extérieur des zones saturées de la presqu'île du cap Vert.
Le premier tronçon (Malick Sy-Pikine, long de 12 km) est ouvert à la circulation depuis août 2009. Celui restant (Pikine-Diamniadio, 22 km) devait être achevé en deux phases (Diamniadio-Keur Massar puis Keur Massar-Pikine) d'ici fin 2013.
C'est du moins ce qui était prévu jusqu'à ce qu'une autre priorité qui au demeurant n'a jamais cessé de l'être, mais de plus en plus prioritaire à leurs yeux marqués 2012, vienne se rappeler au bon souvenir des autorités.
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