Le pouvoir sénégalais brade le poisson aux étrangers

C'est une autre forme de délestage économique. Le tourisme est agonisant, l'agriculture a sombré, l'arachide ne se vend plus, la pêche est sinistrée... Et ce qui reste de la ressource halieutique est bradée à des étrangers qui pèsent 15 fois la flotte industrielle sénégalaise ! On se demande bien à qui profite ce crime et de quoi vont vivre les Sénégalais.
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 L’introduction de 22 navires de pêche au Sénégal, un crime économique

Vendredi 18 Mars 2011 - 01:01 - Marième FAYE - PressAfrik - Photo: Sextan

Le groupement des armateurs et des industries de la pêche du Sénégal (GAIPES) a dénoncé ce jeudi une pratique cautionnée par les autorités sénégalaises et qu’ils jugent peu orthodoxe. Le GAIPES s’inquiète de l’introduction dans les eaux sénégalaises de 22 navires présentant au total près de 200000 tonneaux de jauge brute soit 15 fois la capacité de toute la flotte industrielle sénégalaise. Pour les armateurs, les bateaux massacrent quotidiennement la faune marine et en toute impunité. Ce qui d’autant plus grave est que le stock ciblé participe au maintien de la biodiversité, par le rôle qu’il joue dans la chaine alimentaire de l’écosystème marin s’indignent-ils. Ils ont aussi souligné que les petits pélagiques visés, essentiellement composés de sardinelles, chinchards et maquereau constituent l’essentiel de l’approvisionnement en poisson des populations locales, à faibles revenus.

En effet, les bateaux pêchent près de 300.000 tonnes de poissons et que la contrepartie financière serait de 17 FCFA par kilogramme soit près de 5 milliards FCFA. Le prix du poisson tout venant peut être estimé au minimum à 400 FCFA par conséquent, ils estiment que le manque à gagner au kilogramme est 383 FCFA. Si on applique au tonnage, on aura un manque à gagner total de 115 milliards de FCFA précisent ces acteurs de la pêche. Une panoplie d’équation qui les poussent à se demander ce que représente 5 milliards de FCFA devant la destruction des stocks, la rupture de la chaine alimentaire, la déstabilisation du tissu industriel et artisanal, la disparition du poisson dans le panier de la ménagère, le non rapatriement des 150 milliards de FCFA issues des exportations annuelles et le sort des milliers de sénégalais qui seront en chômage ?

Last but not least, le GAIPES pense que dans ce type d’opération, il est généralement admis que 30% des captures sont réservés à la partie qui obtient les licences de pêche. Par conséquent, 30% du business équivaut à 36 milliards or le schéma classique reteindrait 5 milliards pour le trésor ; Il y’aurait donc un gap de 31 milliards de FCFA. Cette pratique ont-ils fait savoir n’est rien d’autre qu’un bradage, un pillage des ressources halieutiques qui constituent un patrimoine national et de se demander à qui profite ce crime économique.

 

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Pêche étrangère: un faux problème ?

Le Sénégal a nié vendredi les accusations d'armateurs locaux sur un "bradage" des ressources halieutiques nationales pour des navires étrangers, indiquant leur avoir accordé des autorisations de pêche pour des poissons "migrateurs", insuffisamment exploités par les Sénégalais.

Ces poissons migrateurs "ne font pas partie de notre patrimoine halieutique national", ils passent "au large et (sont) partagés entre le Maroc, le Mauritanie, le Sénégal, la Gambie et la Guinée", a indiqué le ministère de l'Economie maritime dans un communiqué.

Le ministère dit avoir "souverainement décidé" d'exploiter ces ressources en haute mer, "insuffisamment exploitées" par les nationaux, afin que "le Trésor public puisse en bénéficier à l'instar des autres pays limitrophes".

Les bateaux concernés par les autorisations de pêche "sont confinés" entre 20 et 35 milles nautiques (entre 37 et 65 km) des côtes, des zones de pêche "quasiment inaccessibles à nos navires de pêche et pirogues", indique-t-il, sans préciser le nombre de navires étrangers, l'argent tiré de cette opération et la durée des autorisations.

Une non exploitation de ces ressources "saisonnières et périssables", des sardinelles et des chinchards notamment, entraîne "une perte économique et financière considérable pour notre pays", selon le ministère.

Jeudi, le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes), un syndicat patronal de pêcheurs industriels, avait fustigé le "bradage des ressources halieutiques" du Sénégal.

Il avait aussi dénoncé la venue dans le pays de 22 bateaux "pirates" étrangers qui, selon lui, y opèrent "illégalement" depuis plusieurs mois avec "la caution" du ministère de l'Economie maritime et "par le biais d'accords signés et non enregistrés par le gouvernement". Il s'agirait de navires "russes, béliziens, mauriciens, ukrainiens et comoriens" sont venus au Sénégal avec , selon le Gaipes.

La pêche, un des principaux secteurs pourvoyeurs de devises au Sénégal est depuis plusieurs années frappée par une raréfaction de la ressource et une diminution des revenus des pêcheurs.

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