Paradis. "Peyo", le promoteur mis en cause par les copropriétaires
Violation du code de l'urbanisme et de la construction, non respect des règles de sécurité, spéculation foncière...
Les graves menaces qui pèsent sur la résidence «Paradis»
Pierre Hirigoyen est-il protégé ?
Les graves incendies qui ont, en l'espace de quelques semaines, totalement ravagé le Lamantin Beach et les Résidences du Port, et occasionné d'importants dégâts à l'hôtel Royal Saly ont remis le feu aux poudres au Village touristique « Le Paradis ». Son collectif des copropriétaires a ressorti sa hache de guerre contre Pierre Hirigoyen, gérant de la Société Immobilière de Construction et de Tourisme (Sict) Résidences « Le Paradis » qui se singularise, selon lui, par des pratiques aussi illégales que dangereuses dans le domaine de la construction.
Qui protège Pierre Hirigoyen, directeur de la Société Immobilière de Construction et de Tourisme (Sict) Résidences « Le Paradis », située dans la station balnéaire de Saly Portudal ? D'où tire-t-il sa puissance au point d'être intouchable ? Pourquoi se permet-il de bafouer le code de l'urbanisme, toutes les lois sénégalaises sur la construction en toute impunité ? Qu'est-ce qui l'autorise à ne pas se conformer aux normes de sécurité, de prévention et de protection des personnes et des biens en matière de risque d'accident et d'incident ? Voilà autant de questions que se pose le collectif des copropriétaires du Village Touristique le Paradis, qui n'a eu de cesse depuis presque 10 ans d'alerter les autorités du pays sur les graves risques auxquels l'expose Pierre Hirigoyen, à cause de ses pratiques aux antipodes de la loi.
Selon le collectif qui lance un véritable cri du cœur, la Sict et son gérant sont en train de bafouer le code de l'urbanisme et la législation sénégalaise sur la construction en se livrant au vu et su de tout le monde, à la vente de terrains Sapco. Pourtant, pestent les copropriétaires verts de colère, « la loi interdit toute spéculation ; seuls les projets de villages vacances, de résidences hôtelières, de résidences passées en convention Sapco peuvent se réaliser. Il est même dit que seul le promoteur est autorisé à construire ».
Dans une correspondance qu'ils ont adressée le 11 mai 2010 au Préfet de Mbour pour arbitrage, les copropriétaires informaient ce dernier que les réalisations ne correspondent pas au permis de construire et au plan que le directeur de l'Urbanisme leur a présentés. « L'absence d'avenant à ce permis de construire, sollicité et non présenté, nous fait penser que tous les aménagements réalisés à Paradis sont en marge du code de l'urbanisme », dénoncent-ils. En effet par arrêté ministériel du 7 août 1998 dossier 06326 numéro 6396/MEFP/GU, le nombre de résidences prévu pour la totalité du foncier de Paradis était de 111 plus un commerce.
Malheureusement, « nous comptabilisons à ce jour 135 résidences, 20 appartements, 25 garages sur rue y compris commerces et bureaux et 20 garages construits en 2009 partiellement sur les accès communs dont accès sécurité ». Dans les documents dont « L'As » détient copie, il est fait cas de la transformation du village touristique Paradis en « Résidences Paradis 1, 2, 2bis, 3 et Paradis hôtel ». Lequel hôtel est spécialisé en vente et location d'appartements. Mais ce qui révolte le plus les résidents, c'est ce qu'ils qualifient de violation des règles en matière de sécurité et de protection des biens et personnes.
Un câble électrique… et Le Paradis va sauter
Hantés par l'incendie du Lamantin Beach, les résidents ont saisi le Directeur général de la Senelec pour disposer de toutes les informations possibles sur les réalisations des réseaux électriques et installations du Village touristique Paradis. Auparavant, ils s'étaient attachés les services de l'huissier de justice Me Cheikh Tidiane Tambadou officiant à Mbour, pour un constat.
Dans son procès verbal de constat, l'huissier de justice qui a requis les services d'un électricien du nom de Lamine Sall, fait état des « câbles dans les regards remplis d'eau, des câbles électriques protégés par des bidons ; d'une absence de fil de terre ; des câbles nus en ce qui concerne l'éclairage public ». Il fait également constat « d'utilisation par circuit au niveau des grilles de répartitions qui sont non conformes aux normes dans certaines niches ; des grilles de répartition à changer parce que défectueuses ou cramées. Il y a aussi la non continuité métallique des conducteurs de terre ». Et last but not least, l'électricien a noté « la mauvaise isolation des câbles dans les niches ».
Suite à la lettre qu'ils ont envoyée au Dg de la Senelec, ils ont également saisi le Commandant des Sapeurs Pompiers de Mbour ainsi que le Directeur de la Protection civile pour les alerter sur les risques auxquels ils s'exposent par la faute de Pierre Hirigoyen. Le Préfet de Mbour, le Dg de la Sapco, le ministre de l'Habitat, de la Construction et de l'Urbanisme Oumar Sarr ainsi que son collègue de la Justice Cheikh Tidiane Sy ont été saisis par le collectif des copropriétaires pour mettre fin aux pratiques fortement décriées du gérant de la Sict. Cependant, cet appel est resté pour le moment vain. Puisque ce dernier persiste dans ses actes.
Hawa BOUSSO.
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